Les professeurs agrégés de l'Université ont, par leur statut, vocation à enseigner aussi bien dans l'enseignement du second degré que dans l'enseignement supérieur.
Ainsi, pour un agrégé, le fait d'enseigner dans le second degré ou dans le supérieur est une affaire de position, de conjoncture, de profil (lors du recrutement), mais pas de qualification, puisque celle-ci résulte de la réussite au concours qui confère à l'agrégé son titre et son grade.
A la naissance du SAGES, quelques jours avant l'assemblée constitutive du 13 janvier 1996, certains collègues universitaires, approuvant notre démarche, nous suggérèrent toutefois de modifier notre intitulé en remplaçant " agrégés de l'enseignement supérieur " par " agrégés dans l'enseignement supérieur ".
Mais depuis le " décret Lang " de 1993 est apparu pour les professeurs agrégés affectés dans l'enseignement supérieur un néologisme insidieux puisqu'il y est question d' " agrégés du second degré " affectés dans l'enseignement supérieur.
Ce qui a pu d'abord apparaître comme une erreur a depuis été repris à de multiples reprises par l'administration, bientôt imitée par la presse et par une grande partie de nos collègues universitaires .
Monsieur Jack Lang, agrégé de droit, aura probablement voulu distinguer son agrégation (réussite à un concours nécessitant préalablement l'obtention d'un doctorat) des autres agrégations, en attribuant à celles-ci un qualificatif qui ne pouvait s'appliquer à l'agrégation de droit, laquelle confère à ses lauréats le grade de professeur agrégé des facultés de droit.
Mais, malheureusement, sur la lancée de cette appellation subreptice
" d'agrégés du second degré ", s'est développée
une entreprise de dénigrement des agrégés.
Après avoir été " secondarisés " en
mots par l'intitulé du " décret Lang ", les agrégés
ont ensuite été accusés (suite logique) d'être
responsables de la " secondarisation " de l'enseignement supérieur.
Dans ce contexte, l'intitulé d' " agrégés dans
l'enseignement supérieur " aurait pu accréditer la thèse
selon laquelle les agrégés affectés dans l'enseignement
supérieur étaient des gens qui n'étaient pas à
leur place, qui serait (selon certains) l'enseignement secondaire.
Il importait donc de lever toute ambiguïté.
Les professeurs agrégés de l'Université sont " de l'enseignement supérieur " parce qu'ils sont lauréats d'un concours de niveau et de nature universitaires : la réussite au concours atteste non seulement des connaissances nécessaires à l'obtention d'une maîtrise, mais aussi du fait que ces connaissances sont dominées, ce qui confère la capacité à les dispenser à un public universitaire.
Pour des raisons conjoncturelles, le SAGES a syndiqué d'abord les
seuls professeurs agrégés en poste dans l'enseignement
supérieur.
Tous les agrégés étant de l'enseignement supérieur
en vertu de leur réussite au concours, et non de par leur position
dans l'enseignement supérieur, le sigle de notre syndicat prend pleinement
son sens en janvier 1999, lorsqu'il s'ouvre également aux professeurs
agrégés de l'Université affectés dans l'enseignement
du second degré.